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20 oct. 2017 | Temps de lecture estimé: 8 minutes |

Le parcours des deux leaders espagnols

Le parcours des deux leaders espagnols

Les deux hommes que tout oppose ont plus d'un point commun dans leurs parcours

Alors que les tensions entre Madrid et la Catalogne sont loin de s’apaiser, les Espagnols ont le regard tourné vers deux hommes, symboles de cette lutte acharnée pour ou contre l’indépendance de la région catalane. Carles Puigdemont et Mariano Rajoy, que tout oppose au vu de leurs positions dans le conflit actuel, présentent pourtant plus d’un point commun.

L’équipe d’Ok Apartment, qui vous propose aussi sur son site une large gamme d'appartements à louer à Barcelone, a jeté pour vous un coup d’oeil au parcours de ces deux hommes arrivés tous deux contre toute attente à la tête d’un gouvernement et qui ont entre leurs mains l’avenir de la Catalogne.

Ces derniers jours, voir semaines, nous avons pu avoir quelque peu l’impression d’assister à un combat de boxe, voyant valser les uppercuts d’un côté à l’autre, sous la forme de déclarations et d’ultimatums tranchants. D’un côté du ring, on retrouve Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol depuis 2011, et de l’autre, Carles Puigdemont, à la tête de la Generalitat depuis janvier 2016.

Cette lutte impliquant la Catalogne et plus généralement, toute l’Espagne est aussi compliquée que loin d’être réglée, les deux parties n’étant pas prêtes, loin de là, de jeter l’éponge. Mais pour mieux comprendre, essayons de voir qui sont les deux hommes devenus au fil du temps les porte-paroles du “oui” et du “non” à l’indépendance catalane.

Mariano Rajoy: la loi dans le sang, le pouvoir entre les mains

Le vilain petit canard de la famille

Né en 1955 au sein d’une famille de juristes à Saint-Jacques-de-Compostelle, Mariano Rajoy Brey grandit donc en Galice et y fait ses études de droit. Le jeune Rajoy n’a jamais été très brillant à l’école selon ses bulletins, présentant souvent des notes inférieures à la moyenne. Pourtant, il réussit après ses études, en 1979, le concours de conservateur des hypothèques, ce qui fait de lui alors la plus jeune personne de la profession en Espagne. Ne suivant pas l’exemple de son père et de son grand-père, il délaisse le droit pour se tourner vers la politique et adhère à l’Alliance Populaire (AP), un parti de droite ancêtre du PP fondé par l’ancien ministre franquiste Manuel Fraga. Malgré tout, ses études se refléteront dans sa manière de faire de la politique et notamment dans son obsession du respect de la loi. Beaucoup lui reprochent notamment sa volonté de faire passer le Code Civil et autres, avant toute forme d’émotions. Ce qui joue notamment dans son image d’homme ennuyeux.

Mariano Rajoy jeune
Le jeune Mariano Rajoy

De député régional à chef du PP

A l’âge de 26 ans, le Galicien devient député de la région de Pontevedra. Mais Rajoy est intelligent et se fait très vite une place auprès de l’homme puissant de son parti (PP), José Maria Aznar. En 1996, alors que le Parti Populaire remporte les élections générales, le numéro 1 du parti nomme Rajoy ministre des administrations publiques et par la suite, ministre de la Culture et de l'Éducation.

Propulsé au devant de la scène, celui dont beaucoup moquent son cheveu sur la langue se rapproche de plus en plus d’Aznar, à un point tel qu’en 2000, le chef du gouvernement choisit le Galicien comme vice-président et ensuite ministre de l’Intérieur. En décembre 2003, Rajoy reprend la direction du Parti Populaire, à la surprise d’un grand nombre de membres du parti. Mais les élections qui suivent sa nomination à la tête du parti sont loin d’être fructueuses, le PP passant dans l’opposition, en 2004, au grand désarroi de son nouveau leader.

Un survivant

En 2005, le président du PP est victime d’un accident d’hélicoptère avec Esperanza Aguirre, filmé et diffusé par de nombreuses télévisions. Heureusement, aussi spectaculaire qu’ait été l’accident, Rajoy s’en sort avec seulement de petites contusions.

Ce n’est pas le premier incident que rencontre le Galicien. En effet, alors qu’il fêtait sa réussite au concours de conservateur des hypothèques, Rajoy est victime d’un violent accident de la route dont il conserve encore à ce jour des cicatrices. Ce serait d’ailleurs pour cette raison que l’homme revête une barbe assez proéminente, permettant de cacher les marques subsistantes de ce triste épisode de sa vie. 

Des prises de position déjà tranchantes sur la Catalogne

Mariano Rajoy, désormais chef de l’opposition, n’hésite pas à critiquer vivement les faits et gestes du gouvernement socialiste de Zapatero. Notamment en ce qui concerne la Catalogne au moment de l’adoption du statut d’autonomie de la région en 2006. Le PP, avec à sa tête Rajoy, mène une campagne médiatique, qui aurait coûté pas moins de 500.000 euros au parti, s’opposant à ce statut . Malgré l’obtention de 4 millions de signature en faveur de l’évincement du gouvernement, cette action se solde par un échec pour Rajoy.

Il en sera de même pour les élections qui suivent en 2008 à la suite desquelles le PP, sortant vaincu, organise un grand remaniement en son sein. Le Parti Populaire garde tout de même Rajoy à sa tête, l’homme ayant été réélu avec 79% des voix de son parti. L’homme qui ne lâche rien verra sa détermination récompensée aux prochaines élections générales au cours desquelles le PP remporte 44% des voix. Rajoy se voit donc propulser à la tête du gouvernement en 2011.

Campagne du PP contre le Statut
Campagne du PP de Mariano Rajoy contre le Statut d'autonomie de la Catalogne

Scandale de corruption

S’attirant déjà les foudres de la population pour ses prises de position sur l’avortement et le mariage homosexuel, Mariano Rajoy se voit, qui plus est, impliqué dans un scandale de corruption révélé par le quotidien espagnol El Païs en 2013. En cause, le versement de “compléments de salaires” de 1990 à 2008, provenant de dons de chefs d’entreprise à certains cadres du parti dont l’actuel chef du gouvernement. Malgré que ce dernier nie tout en bloc, les pétitions demandant sa démission voient rapidement le jour et suscitent un véritable engouement. Mais rien ne fait et Rajoy conserve son poste.

La campagne de 2015, un véritable coup de poing pour Rajoy

Alors que le galicien brigue un second mandat et fait campagne pour les élections législatives de 2015 aux quatre coins de l’Espagne, Rajoy est agressé lors d’un bain de foule. Un jeune de 17 ans lui assène un coup`de poing qui lui fait perdre ses lunettes et laisse au président du gouvernement une large marque rouge.Mais même si le PP ne fait pas l’unanimité et ne remporte pas les élections de 2015 avec la majorité absolue nécessaire, le parti après la dissolution des chambres et la convocation d’élections anticipées en 2016 réussit à faire réélire Rajoy à la tête du gouvernement, position qu’il occupe toujours de nos jours.

Un père de famille passionné de football

Rajoy, malgré qu’il soit à la tête de l’Espagne, a assez bien réussi à conserver sa vie familiale privée. Marié depuis 1996 à Elvira Fernández Balboa qui a travaillé pour la chaîne de télévision Antenna 3, le Galicien a eu deux enfants, Mariano et Juan. Décrit comme un bon vivant, tranchant avec l’image ennuyeuse qu’il a tendance à dégager au cours de ses discours, le chef du PP est un grand adepte de sport et plus particulièrement de football (supporter du Real Madrid comme vous vous en doutez) ainsi que de cyclisme. Mais cet amour du sport, n’empêche pas Rajoy de reconnaître son penchant plus nocif pour les cigares “aux prix stratosphériques”.

Mariano Rajoy et sa famille
Mariano Rajoy en compagnie de sa femme et de ses deux enfants

Carles Puigdemont : le chef d’orchestre de l’indépendance

Ses débuts en tant que journaliste

Tout comme Rajoy, Carles Puigdemont, né en 1962 à Amer dans le Piémont pyrénéen, ne suit pas la tradition familiale. Deuxième d’une famille de 8 enfants, le jeune Puigdemont décide d’entamer des études de philologie à l’université de Gérone après le pensionnat auquel il a été envoyé dès l’âge de neuf ans. C’est vers le monde du journalisme que le jeune homme se tourne une fois ses études finies et non pas vers la pâtisserie comme l’avaient fait son père et son grand-père avant lui.

D’abord correspondant dans son village natal pour le journal Los Sitios, il est engagé par la suite par le quotidien El Punt. Débutant comme correcteur en 1982, il en devient ensuite le rédacteur en chef.

Puigdemont alors qu'il était journaliste
Carles Puigdemont a commencé une carrière de journaliste

Un véritable amoureux de la Catalogne

Le leader indépendantiste raconte que, dans son enfance, à Amer, il ne trouvait pas de drapeau catalan, il explique avoir alors demandé à sa grand-mère d’en tricoter un. Cet amour de sa région, le jeune homme l’a porté tout au long de sa carrière journalistique, s’intéressant fortement à l’image de la Catalogne à l’international.Cet intérêt le pousse en 1994 à publier un ouvrage intitulé “Cata...què?” (Cata...quoi?”) dans lequel il regroupe différents articles du monde entier et constate la méconnaissance dont fait l’objet sa région au niveau international. En 1998, il crée sa propre agence de presse entièrement dédiée à l’actualité de la région qu’il nomme Agence Catalane d’Information. Mais il ne s’arrête pas là et continue sa conquête du paysage médiatique en participant à la création du premier quotidien catalan en Anglais, Catalonia Today.

Ses premiers pas en politique

Même s’il a choisi de débuter une carrière de journaliste, Puigdemont a toujours gardé un pied dans le monde politique. AInsi, alors qu’il avait rejoint la Jeunesse nationaliste de Catalogne, la section jeunesse du parti Convergence démocratique de Catalogne (CDC), il milite également dans le mouvement pour l’Appel à la solidarité pour la défense de la langue, la culture et la nation catalanes.

Ce n’est qu’en 2006 qu’il fait son entrée au Parlement de Catalogne, surprenant un grand nombre de ses confrères, tout en siégeant dans l’opposition au conseil municipal de Gérone. En 2011, il est élu maire de la ville mettant un point final à 32 ans de règne socialiste.

Puigdemont a fait campagne en 1991 pour que la ville de Gérone (nom espagnol) prenne le nom de Girona (nom catalan).

Impliqué dans plusieurs affaires judiciaires

En 2012, alors qu’il est toujours député et maire de Gérone, il est accusé par l’avocat de l’État d’avoir utilisé de l’argent public à des fins personnelles. En effet, Puigdemont aurait, lors de la manifestation “Catalunya, nou estat d’Europa” (“Catalogne, nouvel état d’Europe”), réservé des trains de la renfe, la société des chemins de fer espagnole, pour permettre la venue des participants à la mobilisation.

Mais ce n’est pas tout, en 2015, l’Audience Nationale ouvre une enquête concernant l’appui de la mairie de Gérone, dont Puigdemont a les commandes, à la résolution du Parlement de Catalogne sur le lancement du processus d’indépendance. Mais ces deux affaires n’empêcheront pas le grand amoureux de la Catalogne d’être réélu maire de Gérone en 2015.

Manifestation
La manifestation de 2012 revendiquant la Catalogne comme le prochain nouvel État d'Europe

Un nouveau président pour la Catalogne déterminé à obtenir l’indépendance

Le 10 janvier 2016, alors qu’Artur Mas n’a pas réussi à se faire réélire pour une troisième fois à la tête de la Catalogne, ce dernier annonce le retrait de sa candidature en faveur de Carles Puigdemont, maire de Gérone à l’époque, qui devient le nouveau président de la Generalitat. Celui qui avoue lui-même être arrivé au pouvoir “de façon accidentelle, en dernière minute et par la porte de derrière” dans une interview au New York Times ne lâche rien pour autant et assume entièrement le programme indépendantiste initié par son prédécesseur.

Le numéro 1 catalan est décrit par un ami journaliste comme une personne extrêmement têtue. Pas étonnant donc que l’objectif de l’ex-maire de Gérone à son arrivée à la tête de la Generalitat n’ait pas changé depuis lors et que Puigdemont se livre aujourd’hui à une lutte sans concession avec Madrid pour atteindre ce qu’il a toujours voulu: l’indépendance de la Catalogne.

Investiture de Puigdemont en 2016
Carles Puigdemont succède à Artur Màs

Le cinquième Beatle

Le président de la Generalitat s’est vu affubler par les médias espagnols du surnom de “cinquième Beatle”. Même si, à première vue, on pourrait croire que cela est dû à son éternelle coupe de cheveux qui, en réalité, sert surtout à cacher les cicatrices dont aurait hérité Puigdemont suite à un grave accident de la route, ce surnom cache une réalité moins connue par le grand public.

En effet, le numéro 1 catalan est un grand adepte de musique. Puigdemont a d’ailleurs déclaré au cours d’une interview qu’il ne pourrait jamais renoncer à la musique, estimant même qu’il aurait pu être musicien et non politicien. Adolescent, il avait monté son propre groupe de musique. Aujourd’hui, il se consacre, bien entendu, entièrement à son rôle de président de la Catalogne mais n’hésite tout de même pas à saisir sa guitare de temps en temps comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui suit au côté du groupe catalan Sopa de Cabra.

Sa famille avant tout

C’est au cours d’un festival de théâtre, en 1998, que Puigdemont a rencontré celle qui est aujourd’hui son épouse et la mère de ses deux enfants, Marcela Topor. Cette journaliste roumaine qui a repris la tête de Catalonia Today a donné deux filles au président de la Generalitat, Magali et Maria.

Puigdemont est très proche de sa famille, qu’il estime être sa priorité absolue. Le numéro 1 catalan ne réside d’ailleurs pas à Barcelone dans la demeure qui lui est réservée mais rentre presque tous les soirs, même en ces temps de crise, chez lui à Gérone auprès de sa famille.

Carles Puigdemont en compagnie de sa femme
Carles Puigdemont en compagnie de sa femme Marcela Topor

Meilleurs ennemis du monde

Comme vous avez pu le constater, il n’est pas difficile de trouver des points communs entre les deux hommes qui, dans un autre contexte, auraient peut-être pu s’apprécier. Mais, ironie du sort, les présidents espagnol et catalan partagent également une même détermination, tous deux extrêmement têtus. Pas étonnant donc d’en être arrivé à la situation que nous connaissons, les concession n’étant pas le fort de ces deux politiciens.

Actuellement, les deux se renvoient la balle, l’un souhaitant que l’autre fasse un pas en arrière et l’autre souhaitant l’inverse. En bref, un vrai dialogue de sourds. Un dialogue qui se fait à distance quoi qu’il en soit, les deux présidents ne s’étant rencontré que lors d’un seul entretien en 2016 au cours duquel Rajoy avait remis un cadeau au président de la Generalitat.

Ce cadeau, une première édition de la deuxième partie de Don Quichotte, peut être interprété de différentes façons. Dans cette partie, Don Quichotte se rend à Barcelone et voit pour la première fois la mer. Mais bien au-delà de cette symbolique, le choix de Don Quichotte envoie déjà un message clair au président de la Catalogne, que Rajoy compare ici au célèbre hidalgo se prenant pour un chevalier dont la lucidité n’est pas le fort et qui se bat contre des moulins à vent. Une quête probablement aussi vaine aux yeux du président espagnol que celle de l’indépendance de la Catalogne menée par Puigdemont....

Caricature de Rajoy et Puigdemont s'embrassant
Caricature dans les rues de Barcelone de Rajoy et Puigdemont s'embrassant

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